Alcest-Ecailles de lune

Nous avons visité chaque parcelle de terre de notre planète, nous sommes en train de relever le défi de l’exploration sous marine dans les profondeurs abyssales, pourtant il est un monde qui fait intrinsèquement parti de nous tous mais que nous connaissons si peu. A l’instar du dormeur paisible de l’Artwork du nouveau LP d’Alcest, le monde des rêves nous reste relativement étranger. Serait ce le dernier espace de poésie et de magie dans une existence rationalisée et balisée ?

Ce disque semble se vouloir une passerelle vers les terres de Morphée, mais contrairement au très lumineux “Souvenirs d’un autre monde” il est beaucoup plus contrasté, tant sur l’ambiance que sur les formes musicales.

D’une manière générale cet opus est plus riche que son prédécesseur, Neige parait repenser son projet dans une direction plus proche de son premier EP “Le secret”. Les six titres proposent chacun une expérience onirique unique. On reste dans le ton de “Souvenirs…” dans “écailles de lune (part 1)” ou “Solar song”, c’est a dire cette voix claire haut perchée et rassurante se posant légèrement sur des riffs lancinants en mid tempo. Pourtant d’emblée le premier titre surprend, après un break la double pédale et des riffs plus orientés BM semblent nous rappeler la douleur, qui malgré tout, malgré l’optimisme, malgré le renouveau et la renaissance ne disparaît jamais complètement. “Abysses” est un interlude “ambiant” particulièrement sombre, comme un mauvais rêve, alors que “Solar song” tentera de nous réconforter après ce cauchemar. Le retour des vocaux hurlés et torturés est peut-être le principal atout de ce disque, car la deuxième partie de “Ecaille de lune” se trouve transfigurée par cette irruption de Thanatos, on ressent une profonde nostalgie s’installer, on regrette presque la beauté de l’hiver devant ce printemps certes triomphant, mais qui révèle aussi les cadavres dormant  sous la neige qui s’éclipse.

Au niveau instrumental, on notera la grande présence de guitare classique, en particulier le dernier titre , “Sur l’océan couleur de feu” véritable hymne, appel au voyage et a la sérénité, tout en chant clair et s’étirant langoureusement sur près de 10 minutes. Pourtant la violence du BM sera retranscrite aussi par du Blast par moment, même si on reste dans un registre plus “proche” du DSBM que du black Haineux il ne s’en dégage pas moins une certaine violence  et un  malaise, certes diffus mais bel et bien présent. En ce qui concerne les vocaux la voix de Neige est toujours aussi soignée, quelques soient les passages, même si on sent vite les limites de son chant clair. Ce disque avait tout pour être un grand opus mais je ne reviens de l’expérience qu’en partie  satisfait, alors certes on voyage on rêve on ressent ce frisson au départ d'”Ecailles de lune (part2)” mais plusieurs éléments entachent cette traversée. Tout d’abord le disque reste assez court, a peine 40 minutes dont un interlude de 2 minutes, mais surtout les riffs,d’une manière générale, semblent moins intenses que sur le précédent disque, je sens une baisse d’inspiration malgré la plus grande richesse formelle du disque. “Solar song” aurait peut être mérité d’autres vocaux, ou “sur l’océan couleurs de feu”aurait gagné a avoir une structure plus progressive.

On est en face d’un disque qui marque  une étape important dans la carrière du projet qui semble avoir trouver sa voie, décidément “Alcest” est a surveiller de très très près….

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