Chronique-Abyssic Hate:Suicidal Emotions

Certains disques ont beau tout avoir contre eux , pourtant rien n’y fait on les aime, envers et contre tout. Ce “Suicidal emotions” fait partie des ces œuvres particulières. One man band aussi philanthrope que novateur, Abyssic hate, pour ce deuxième et dernier opus, nous livre un DSBM dans la plus pure tradition, ne s’affranchissant d’aucune règle, il applique le dogme, tout le dogme et rien que le dogme. Amen.

 

Dans la lignée d’un certain “Burzum”, on nous mène par la main dans un paysage musical sombre et froid. Sur le plan technique il s’agit de quelques riffs très simples répétés jusqu’à la nausée. La production joue un rôle capital dans ce malaise sonore, la voix lointaine et écorchée de Shane Rout faisant écho à une batterie sourde et en retrait. En fait il s’agit de l’archétype même de la bonne utilisation de la production crados, alors oui tout est convenu;  les plans semblent avoir été écoutés des centaines de fois, il n’empêche que d’emblée tout fonctionne en symbiose, le long errement introspectif pourra commencer. Le projet australien viendra nous conter des teintes blafardes, se convulsant dans ses idées noires. Rien ne viendra jamais sauver l’auditeur du mur de riffs lancinants et répétitifs. Il faut prévenir le chaland que ce disque ne s’écoute pas “comme ça” comme on écouterait le dernier Chimaira, non il s’agit d’une ambiance mise en place longuement, et on ne rentre véritablement dans le disque a mon sens qu’a la fin du premier titre. Jamais on ne tente de nous amadouer avec du “joli” , non ici on marche avec une ombre menaçante dans l’abîme, c’est malsain et sale, c’est du BM (bordel !)

je pense qu’il est inutile de revenir sur le propos du disque, les thèmes auront deja été traité ailleurs souvent, trop souvent.

Il peut être par contre intéressant d’avoir une interrogation sur l’essence même de ce type de disque. En fait est ce un concept au delà d’une musicalité ? peut on traiter de ce type de projet comme on traite de projets très conceptuels comme “Sunn))o” ? voila je pense ce que m’aura apporté ce disque au final. Tout ça est terriblement répétitif, lent et rude et pourtant c’est une réussite si on n’attends aucune innovation d’un album. Finalement comment séparer le bon grain de l’ivraie, qui sont ceux qui nagent dans le courant et répètent sans une once d’âme des riffs fruits de mauvaises digestions d’un BM agonisant, et qui sont ceux qui mettent un grain, une magie dans leur production ? Malgré tout ce que j’ai pu en dire je dirais que “Abyssic hate” fait partie de la seconde catégorie, et le plus troublant dans tout ça c’est que je n’en connais pas la raison précise. Peut être leur maîtrise parfaite de tous les éléments classiques, peut être ces quelques variations ( je n’oserais pas parler de solo) qui modifient suffisamment ce bloc de douleur pour lui donner un coté humain, vécu. Mais en tout cas ce disque fonctionne vraiment très bien pour les adeptes du genre qui y trouveront leur compte.

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