Chronique-My own private Alaska: Amen

https://oniromancie.files.wordpress.com/2016/11/dc1ce-1268171911_my-own-private-alaska-amen-2010.jpg?w=300&h=298Le sang. Synonyme de vie, il accompagne aussi les blessures et la mort, et au vue de l’artwork de ce « Amen » on peut véritablement parler de disque viscéral. « My own private Alaska » s’était fait remarquer par une première demo sortie en 2007.

le trio français avait pour originalité de faire un screamo sans saturations aucunes, un dialogue entre une voix et un piano, un batteur entremetteur.

Pour ce premier « LP » la grande question était de savoir si la formule pouvait marcher sur le long terme. Il s’agit d’une franche réussite, ce disque donne cette impression unique que les musiciens ont véritablement vidé leurs tripes dans ces onze pistes tant mélancolie, colère, désespoir et douleur paraissent proches. La sobriété instrumentale n’est aucunement un frein à une grande variété musicale, en particulier avec les samples des vocaux qui permettent d’enrichir parfois les compositions, en particulier sur « I am an island » qui se paie le luxe d’avoir un break frisant l’ambient. Quand a « Broken army » les refrains sont appuyés par l’ajout de vocaux. Le cœur de ce disque réside dans ce couple que forme le piano et les vocaux, ils semblent onduler et tournoyer ensemble portés par des percussions jouant un rôle majeur dans la structure des morceaux, permettant des introductions, des breaks, et des outro rendant l’absence de guitare indolore. Bien au contraire cette absence prévient toute légèreté et toute velléité groovy. On ne garde que l’essentiel, on évacue le superflu, du coup tout devient plus contrasté,les gouffres sont insondables et les mélopées lumineuses éblouissantes.. La voix du frontman est dans un registre plus large que dans les productions screamos habituelles, tantôt spoken word au bord du ravin dans des poussées d’adrénaline suffocantes ( par exemple dans « anchorage » et son monologue infernal), tantôt dans un hurlement qui vous prend aux tripes et vous fout des frissons , et même parfois dans un chant plus traditionnel. On ressent toujours la justesse des émotions , les imperfections de la voix donnant ce cachet si authentique a ces hurlements, jamais on ne va dans la facilité on s’investit vraiment, et très clairement c’est le ventre qui parle.

 

Le Piano, par ces volutes d’arpèges, crée un contraste saisissant et permet aux montées vocales de gagner encore davantage de densité, tant et si bien, que je n’avais encore jamais ressenti une telle puissance émotionnelle (« through any raibow, i see your eyes », dantesque !). A noter une cover intéressante « where did you sleep last night » qui est vraiment magnifié par cette sobriété et encore une fois par l’authenticité des vocaux. Une vraie prouesse que ce disque qui réussit a bousculer un genre et a l’emmener plus loin, bien plus loin.

 

On frôle la perfection, mais il y a tout de même a mon goût quelques faiblesses dans cet opus, ainsi peut être certains morceaux auraient gagner a être plus progressif , un peu à la manière d’ »Envy » afin de donner encore plus de force aux explosions de hurlements. Mais ne boudons pas notre plaisir, ça faisait longtemps que je n’avais pas pris une telle claque. La force immédiate de ce disque est époustouflante, touche au premier coups et droit au coeur. Amen.

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